Exp. Laroche, ou comment...

...dénaturer les propos d’une victime de fautes médicales

Dans le cadre du procès pour fautes intenté à l’encontre des chirurgiens Michel TAZARTES, Darina KRASTINOVA-LOLOV et Bertrand BAUJAT, le TGI de Paris a ordonné deux expertises médicales judiciaires successives.
La 1ère expertise médicale judiciaire fut dirigée par le Pr Laurent LAROCHE. Elle eut lieu le 25 novembre 2002, au CHNO des XV-XX, où le Pr LAROCHE est chef du service ophtalmologique et où exerce également le Dr TAZARTES, chirurgien impliqué dans la 1ère opération, responsable des dégâts qu’elle a causés. 
Je reprends la citation utilisée dans le précédent article intitulé « Expert Laurent LAROCHE : "…ce que Madame BUCHER a retenu de ce qu’elle a compris du Docteur KRASTINOVA" » portant sur l’expertise du Pr Laurent LAROCHE :

« La victime déclare devant les personnes présentes à l'expertise que le Docteur KRASTINOVA lui aurait dit "...que la décompression orbitaire n'entraîne pas de diplopieCette phrase rédigée par l'Expert devant la victime et toutes les personnes assistant à l'expertise paraît bien correspondre à ce que Madame BUCHER a retenu de ce qu'elle a compris du Docteur KRASTINOVA. » (p. 5 du rapport LAROCHE)

Je remarque une autre chose curieuse dans cette citation, à savoir, la mention « paraît bien correspondre ».
Que veut signifier l’Expert LAROCHE par cette finasserie de style ? Que les propos rapportés de Mme KRASTINOVA sont une absurdité ?
Mais, quand bien même les paroles de Mme KRASTINOVA seraient une absurdité – ce que l’état de la science médicale nous dit qu’elles sont, en effet – il n’en reste pas moins que c’est ce que je dis qu’elle m’a dit et répété, pas seulement ce qu’il m’apparaîtrait qu’elle m’aurait dit et répété ou ce qu’il leur apparaîtrait que j’aurais dit qu’elle m’aurait dit et répété. Donc, pourquoi « paraît bien correspondre » et non pas seulement : « correspond », puisqu’il s’agit de citer les propos que je rapporte ? 

Cette finasserie de style pourrait bien n’être qu’une ruse de la part de l’Expert LAROCHE, pour camoufler le flop de sa tentative d’intimidation. Comme il n’a pas réussi à me dissuader de répéter les paroles de Mme KRASTINOVA, il a bien été obligé de les noter, mot pour mot (bien que dans ma première formulation j’avais utilisé le mot « crée », pas le mot « produit », qui est une reformulation à sa sauce, parce qu’il ne semblait pas comprendre le mot « crée »). Pour ne pas perdre la face, il a donc cherché à discréditer ma parole et ma mémoire en ajoutant un nouveau conditionnel et le verbe paraître.

Mais peu importe !

Plus gravement, je ne comprends pas quelle logique il a suivie pour :
- d’une part noter ces propos rapportés de Mme KRASTINOVA ;
- d’autre part, les oublier complètement une fois notés, faire comme s’il ne les avait pas notés, comme s’il n’en avait jamais été question – et conclure en faveur des chirurgiens, concernant le devoir d’information du patient : 

« Le Docteur TAZARTES considère qu'il à donc tout à fait rempli son obligation d'information de la patiente et qu'un consentement éclairé a été oralement obtenu. » (p. 6 du rapport définitif)
« Le Docteur KRASTINOVA considère donc qu'elle a aussi rempli son devoir d'information à l'égard de Madame BUCHER qu'elle a vue plusieurs fois et qui lui a donc donné son consentement éclairé. » (p. 7 du rapport)
« Les actes et traitements médicaux étaient pleinement justifiés. Les Praticiens ont rempli leur devoir d'information. » (p. 16 du rapport)

Comment l’Expert LAROCHE concilie-t-il les paroles rapportées de Mme KRASTINOVA qui, sans aucune ambiguïté, nient tout risque de diplopie lié à une décompression orbitaire, et sa conclusion, à lui, selon laquelle elle m’aurait informée du risque de diplopie inhérent aux opérations de décompression orbitaire et qui s’est réalisé dans mon cas – risque dont elle dont elle n’a cessé de me répéter qu’il n’existait pas !
On en perd son latin, pour le moins !

Il n’est pas besoin de poursuivre la démonstration pour s’apercevoir que l’expertise du Pr LAROCHE, comme celle de son successeur le Pr CHAINE, n’a d’expertise que le nom. Qu’il s’agit d’un simulacre d’expertise, à peine déguisé. De l’utilisation de sa position d’expert à des fins partisanes : rendre à ses confrères impliqués l’insigne service de ne reconnaître aucune faute à leur endroit, même les plus criantes.
L’Expert LAROCHE va plus loin. Il dénature mes propos sans complexe, et me fait dire tout autre chose que ce que j’ai dit :  

« Le devoir d'information. Le défendeur a rempli son devoir d'information à l'égard de la demanderesse, préalablement aux soins critiqués. Madame BUCHER conteste cela. Ce que Madame BUCHER reproche en fait aux chirurgiens qui l'ont opérée, n'est pas un défaut d'information sur les risques encourus, mais de n'avoir su prédire quel serait, dans le cas précis le résultat de l'intervention, et la gêne qu'elle en ressentirait. Il s'agit donc plus d'un défaut de prédiction que d'un défaut d'information. » (p. 10 du rapport LAROCHE)

Il a voulu me faire dire cela lors de l’expertise, et je me suis, bien sûr, immédiatement inscrite en faux. Je ne prends pas mes rêves pour la réalité et ne confonds pas défaut d’information sur les risques et prédiction quant au résultat d’une opération.
Malgré cela, il a osé maintenir ses mensonges dans son rapport définitif.

Le Pr CHAINE fera exactement le même type de mensonges et dénaturera mes propos de la même façon, 4 ans plus tard, pour la 2ème expertise :

« l'expert pense que le Docteur TAZARTES a bien informé la patiente, même si manifestement Madame BUCHER n'a pas entendu cette information concernant le risque de diplopie. » (p. 15 du rapport CHAINE)

Sur quel ton, et en quelle langue, faut-il le dire pour que les Experts LAROCHE et CHAINE comprennent ?
Non, le Dr TAZARTES ne m’a pas informée des risques, non pas parce que je ne l’aurais pas entendu ou pas compris, mais parce qu’il les a, délibérément, tous niés dans mon cas – y compris le risque de strabisme, dont je lui ai moi-même parlé deux jours avant qu’il ne m’opère parce que la patiente qu’il m’avait indiquée en avait parlé.
Non, Mme KRASTINOVA ne m’a informée d’aucun risque, ni du risque de diplopie, ni de celui de la perte de sensibilité dans le territoire du nerf infra-orbitaire, ni du reste. Elle a, systématiquement et vigoureusement, nié le risque de diplopie à chacune des trois consultations préopératoires : « Ce genre d’opération ne crée pas de diplopie. »

Par ailleurs, l’Expert CHAINE pourrait-il nous expliquer ce que vaut une information que le patient n’aurait pas entendue ou pas comprise ? Ou une information que seul le chirurgien prétend avoir fournie, ce en quoi il est contredit par un faisceau d’éléments de preuve ? Que vaut un consentement lorsque les chirurgiens mentent sur ce qu’ils disent avoir dit à la victime ? Que vaut un consentement extorqué au patient sous un faux prétexte ? Que vaut un consentement, éclairé ou pas, lorsque l’opérateur n’est pas celui avec lequel le contrat moral a été passé mais un interne débutant que le patient n’a jamais vu auparavant ? Que vaut ce consentement lorsque le patient est endormi et opéré à son corps défendant ?

Les termes de la mission d’expertise sont clairs sur le sujet :

 « - rechercher au vu des éléments de preuve éventuellement fournis, si chacun des médecins défendeurs a procuré à Madame BUCHER, avant les interventions litigieuses, une information complète, adaptée et pleinement compréhensible par cette dernière, sur la nature de l'intervention, sur ses suites, risques et conséquences, permettant à Madame BUCHER de donner un consentement pleinement éclairé, » (Jugement d’expertise d’octobre 2006, p. 6)

Que les Experts LAROCHE et CHAINE ne se méprennent pas : Il ne leur appartient pas de prendre parti pour les chirurgiens ; de remplacer la démonstration rigoureuse par le mensonge et l’esprit partisan. C’est trahir leur mission d’expertise, la victime, la justice et les juges.
Mais c’est peut-être là, justement, que réside l’intérêt d’être expert. On jouit d’un pouvoir. On peut jouer à Dieu, damner les victimes et gagner la reconnaissance éternelle des chirurgiens impliqués en les soustrayant à la justice et à la responsabilité de leurs actes.

Mais rien de tout cela ne relève de l'expertise médicale judiciaire.

Azureine, victime de fautes médicales et d’expertises judiciaires bidon

 

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