expertises partisanes

De La Triste nécessité...

…pour une victime de fautes médicales, de se présenter aux expertises judiciaires accompagnée de son propre médecin expert

Comme je le disais dans un autre article, je me suis rendue aux expertises médicales judiciaires sans être accompagnée et assistée de mon propre médecin expert.
Lorsque je raconte à un interlocuteur comment se sont déroulées les deux expertises judiciaires que j’ai subies ; que je décris le parti pris des experts en faveur des chirurgiens ; le manque total d’honnêteté intellectuelle ou d’objectivité de leur rapport d’expertise ; le non-respect scandaleux, éhonté, du principe du contradictoire ; l’absence de réponse aux Dires que je me suis fatiguée à écrire, etc., mon interlocuteur, en particulier s’il connaît le milieu, ne manque jamais de me demander, à un moment ou à un autre, si j’avais pris soin de me faire assister d’un médecin expert.
Lorsque je lui dis que « NON », il hoche la tête de l’air d’une personne qui ne s’étonne plus de ce que je lui raconte et m’explique : « Ah, c’est une erreur. Il faut toujours le faire. »
Certains trouvent même que je fournis les verges pour me faire battre – ce en quoi l’histoire nous montre qu’ils n’ont pas tort.

La raison pour laquelle je ne me suis pas fait assister d’un médecin conseil est sans doute parce que je suis toujours aussi naïve et continue à croire à la justice, à l’honnêteté et à l’intégrité des chirurgiens et experts. Ou, en tout cas, et même si ce ne fut pas le cas de ceux sur lesquels j’ai eu le malheur de tomber, je reste persuadée qu’il y a des experts honnêtes et compétents, qui fournissent un véritable travail d’expert.
A mes yeux, me présenter devant un expert que je ne connais pas, encadrée par un avocat et un médecin expert, c’est, d’une certaine façon, lui manquer de respect. C’est, d’emblée,  le soupçonner de parti-pris et de malhonnêteté intellectuelle, sans lui donner l’occasion de se révéler un expert intègre, soucieux de faire une expertise personnelle, objective, de qualité.
Il faut reconnaître, cependant, que ma délicatesse m’a coûté très cher et je que ne la conseillerais pour rien au monde à d'autres victimes de fautes médicales.

La deuxième raison pour laquelle je trouve plus normal que les victimes se présentent aux expertises sans chaperon d’aucune espèce est la suivante : je ne veux pas accepter, comme allant de soi, l’idée selon laquelle, dans le cadre d’une expertise mettant en cause des professionnels des santé, le seul expert judiciaire honnête est celui que l’on aura empêché d’être malhonnête, en lui opposant un autre médecin expert. Ce serait accepter une justice à deux vitesses : une justice juste, pour ceux qui ont les moyens d’avoir recours à des experts médicaux privés comme garde-fous ; et une justice dont on sait pertinemment qu'elle est injuste, pour ceux qui n'en ont pas les moyens.

L’enjeu des expertises judiciaires est, en effet, extrêmement important : même si l’expert n’émet qu’un avis, que le juge, en théorie, est libre de suivre ou de ne pas suivre, en fait, le juge suit invariablement l’avis énoncé par l’expert, puisqu’il lui a confié la mission d’expertise, précisément, pour ses compétences dans le domaine.

Azureine, victime de fautes médicales et d’expertises judiciaires bidon

Voir les articles :
.  Médiateur de la République : La Nécessaire réforme de l’expertise médicale judiciaire
.  Médiateur de la République : Proposition de réforme de l’expertise médicale judiciaire

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